Calmann-levy

  • Robe de marié

    Pierre Lemaitre

    Il n'y a qu'une seule maladie mentale : la famille.
    Évidemment, je m'y attendais puisque j'en suis l'auteur mais... à ce point-là ! Quelle vision, c'est à peine croyable...
    Son mari n'est plus que l'ombre de lui-même. Les vertèbres ont dû être salement touchées. Il doit maintenant peser dans les quarante-cinq kilos. Il est tassé dans son fauteuil, sa tête est maintenue à peu près droite par une minerve. Son regard est vitreux, son teint jaune comme un coing. Et il est tout à fait conscient. Pour un intellectuel, ça doit être terrible.
    Quand on pense que ce type n'a pas trente ans, on est effaré... Quant à elle, elle pousse le fauteuil avec une abnégation admirable. Elle est calme, son regard est droit. Je trouve bien sa démarche un peu mécanique mais il faut comprendre : cette fille a de gros soucis...
    En tout cas, elle ne tombe pas dans la vulgarité : pas d'attitude de bonne soeur ou d'infirmière martyre. Elle serre les dents et pousse le fauteuil, voilà tout. Elle doit pourtant réfléchir et se demander ce qu'elle va faire de ce légume.
    Moi aussi d'ailleurs.

  • Cadres noirs

    Pierre Lemaitre

    Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir.
    Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. À son sentiment de faillite personnelle s'ajoute bientôt l'humiliation de se faire botter le cul pour cinq cents euros par mois.
    Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d'étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l'argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l'ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages.
    Alain Delambre s'engage corps et âme dans cette lutte pour regagner sa dignité.
    S'il se rendait soudain compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite.
    Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre.

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