Societe Des Ecrivains

  • Tant pis

    Jennifre Fordham

    « Le corbillard chargé de fleurs allait emmener la défunte vers sa dernière demeure. Jane a rejoint les autres. Elle serrait les poings pour contenir ses larmes. Alors, elle sentit une main très douce qui vint se glisser dans la sienne. Elle savait que c'était celle de Laura. Ce n'était pas la mort qui les séparerait. » Bien qu'elles soient très différentes de tempérament, les soeurs jumelles Jane et Laura Miller sont inséparables. Jusqu'au jour où elles tombent toutes deux sous le charme du même homme. Laura épouse Harold, qu'elle quitte après dix ans de mariage. Mais leur amour renaît de ses cendres, tout comme la complicité des soeurs qui renouent après des années de séparation. C'est alors qu'un drame vient briser ce bonheur retrouvé. À l'image de la menace terroriste qui s'immisce sans prévenir dans notre quotidien, Jennifer Fordham surprend son lecteur avec un dénouement inattendu et criant de vérité.

  • Ça se passe là où souffle le vent d'autan... Là où la langue occitane fredonne, roule et claque. En pays ardent, gorgé de soleil où hommes et femmes fêtent Carnaval, où le temps s'égraine entre semailles et moissons... mais voilà le tocsin qui, cet été 1914, sonne la fin des battages et appelle les hommes au front. C'est alors toute la collectivité qui est prise dans la tourmente de ces «?années rouges?». Une communauté languedocienne que l'auteur célèbre avec un amour patent, dans cette superbe fresque du centenaire, à la fois réaliste, émouvante et drôle, qui découvre le sublime sous le commun.

  • « Nous avions entendu dire que Monsieur Jules écrivait, qu'il avait publié des livres et qu'il était renommé pour cela. Mais cela restait un peu mystérieux pour nous : les marins-pêcheurs avaient très peu l'occasion d'avoir un livre entre les mains et beaucoup d'entre eux ne savaient pas lire. (...) Quant aux sujets de ses livres, il disait qu'il écrivait de belles histoires d'aventures imaginaires. Celle qu'il rédigeait actuellement m'intriguait, car elle semblait se passer en mer. En discutant un peu avec lui, il m'indiqua que cela concernait un engin pouvant aller sous l'eau ».
    Dans ce savoureux ouvrage, Olivier Jochem mêle réalité et fiction avec une grande dextérité. Il donne la parole à Alexandre Dulong, un capitaine au long cours engagé par Jules Verne pour naviguer avec lui sur le Saint-Michel. Le marin-pêcheur fait l'étonnant récit de ses trois années passées en compagnie de l'écrivain en baie de Somme. L'attrait de celui-ci pour l'élément marin l'attire au port du Crotoy, où il acquiert une maison pour y travailler au calme. Cette belle amitié livre une facette méconnue du romancier d'aventures, en apprenti navigateur sympathique et passionné. Bien qu'en partie fictive, la tranche de vie ici contée apporte un éclairage nouveau sur la genèse de certaines des ?uvres du génie littéraire, dont "Vingt mille lieues sous les mers".

  • « Johan recula vivement sa chaise avec un geste de refus. -?Denis, tu dois donner ça à l'inspecteur Deldime ou encore à Dister, ils demanderont une analyse ADN ou un autre test scientifique. Il y a peut-être des cheveux du tueur sur ce tissu ! -?Non, je ne pense pas, enfin, c'est trop tard. Mais regardez plutôt ce qu'il y a dans la poche ! Fouillant d'un geste prudent la poche, Johan en ressortit des papiers jaunis. Il lut : - "Intra absconditum gemellum memoriam recipies. Radices numquam moriuntur." Le reste du texte est illisible, ah si : "Heng... Ogsag...", illisible... "milite...", illisible. Et une série de cercles concentriques. Non, deux cercles concentriques avec une espèce de ligne de raccord, bizarre tout ça, vraiment étrange..., fit Johan. » Mais qui peut bien en vouloir à un analyste financier dépressif et au chômage ? Seul depuis que sa femme l'a quitté, Johan tourne en rond dans sa maison dans la banlieue de Liège. Des événements étranges et des lettres de menace vont finir par lui apprendre qu'il vit au-dessus d'un ancien cimetière. Ce n'est que le début d'une aventure qui va bouleverser sa vie à jamais... Du pays wallon à Stonehenge, de l'ordre des druides aux conspirations nazies, Robert Lévêque entremêle suspense et grande histoire dans un thriller ésotérique aux rebondissements captivants.

  • « Pourtant, pourtant, il aurait tant voulu lui dire de belles choses pour la séduire. Il y avait pensé en venant la chercher, s'étant pratiquement fait d'avance son texte. Il y repensait en retournant chez lui et maintenant, seul, il se remémorait toutes les phrases qu'il voulait lui dire mais dont il avait été incapable de prononcer le moindre mot pendant tout le temps de leur promenade. Il se morigéna, très mécontent de lui-même et se promit que, demain, oui demain, il oserait cette fois lui dire. Mais, lui dire quoi?? »

  • « J'ai tenu au cours de ma vie à rassembler un certain nombre de faits que j'ai vécu. Ce recueil que j'aimerais voir lire, illustre une période de 50 ans environ et à pour titre «Militant de base pendant la guerre froide». J'ai écrit pour expliquer que la plus petite conquête sociale a été arrachée par des militants malmenés, parfois par ceux-là même qu'ils entraînaient. »

  • Ça se passe là où souffle le vent d'autan... Là où la langue occitane fredonne, roule et claque. En pays ardent, gorgé de soleil, où hommes et femmes vivent entre pâtures, pailles et vignes, où le temps s'égraine entre semences et moissons... Ce sont des scènes telles qu'auraient pu les capturer les chauds pinceaux d'un Van Gogh qui s'y serait aventuré. Ou des daguerréotypes aux contrastes à peine passés. On y voit ainsi, au premier plan, l'existence rurale au moment où le XXe siècle s'apprête à éclore. On y lit les gestes presque rituels, les cocasseries, les mésaventures qui égayent le quotidien et vous affublent, à vie, de surnoms. Les chamailleries et les discussions emportées pourraient même s'en échapper et ravir les tympans... Et puis, en arrière-plan, pointant timidement du fond de l'azur, le temps du cosmos, la marche de l'histoire, celle qui emporte tout sur son chemin, qui révolutionne les pratiques ancestrales, qui annonce les tourments, les luttes et les guerres. Riche fresque provinciale, ancrée à toute une région - à sa culture, à sa langue, à son identité - composée par un auteur qui donne corps et âme à toute une communauté, "Sous le ciel du Midi" est une oeuvre immersive, portée par cette langue occitane qui l'habite intimement et qui lui donne ses accents incomparables. Une écriture pétrie d'humour et de poésie, un texte comme l'on en lit peu, capable de saisir tout ce que l'ordinaire et le quotidien peuvent avoir de littéralement fabuleux.

  • Au tout début du XXe siècle, à l'époque de Chopin, Picasso et Edison, un jeune couple fraîchement marié fait ses valises pour Gorée, au Sénégal. Richard, en qualité de trésorier de la colonie française, y a été muté pour une mission d'au moins trois ans. Son épouse, Marthe, se réjouit et s'inquiète de ce long voyage, des gens qu'elle rencontrera là-bas, de l'effet qu'elle et son mari produiront sur la colonie et sa société. Ce sera certainement une aventure enrichissante pour la jeune femme du monde qu'elle est. En tout cas, cela promet de lui faire changer ses habitudes... Un roman écrit avec le panache d'une femme émancipée, qui plonge le lecteur au coeur de la vie d'une plantation coloniale des années 1900, avec ses enjeux économiques, politiques et sociaux. En nous faisant partager la vie de sa grand-mère, planteur dans la colonie française du Sénégal, l'auteur propose un texte à la saveur double?: celle d'une histoire humaine et exotique, et celle, en filigrane, de la société et du monde du début du XXe siècle. Un roman dont l'écriture immerge le lecteur dans un monde coloré et suave. On a parfois la nette impression de regarder les photos de jeunesse de cette grand-mère pas comme les autres.

  • « Le fouet claque, les chevaux s'élancent. L'attelage longe la Seine, qui tend son bras maternel avec une nonchalante tendresse et coule en un long ruban vert aux reflets incertains. Un foisonnement architectural jalonne le parcours, dans un désordre apparent de maisons, de palais, de monuments. Mais de cette confusion minérale, jaillit un ordonnancement qui s'emboîte dans un plan plus vaste, dont la logique même échappe à ses constructeurs. Les coeurs de pierres racontent leur propre histoire à l'infini, reflétant un temps occulte, dérobé à la compréhension humaine. » M. Molière livre un roman passionnant réunissant tous les éléments composant une intrigue de qualité : amours, meurtres et mystères entourent des personnages truculents et travaillés. On appréciera la précision apportée à l'étude de l'époque, avec pour toile de fond le scandale des décorations qui bouleversa la société décadente de cette fin du dix-neuvième siècle, et l'occultisme de la société des francs-maçons.

  • « Avec le recul qu'impose ma situation à ce jour, et lorsque je déroule l'ensemble du film de ma vie, je m'aperçois alors que l'ensemble de ces détails explique la tournure des étapes qui suivront. Nous sommes tous la somme des choses que nous vivons et très souvent, lorsque nous reprenons rétrospectivement le déroulement de nos vies, on se rend vite compte que chaque événement est la cause du suivant qui n'est autre que la conséquence du précédent... » Le récit débute dans le petit village de Tifra, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, et se poursuit à Bejaïa, pour s'achever en France de nos jours. "Ombres & lumières" est le récit de luttes pour obtenir l'indépendance. L'indépendance d'un peuple d'abord, avec en toile de fond la guerre d'Algérie. L'indépendance de deux êtres ensuite, avec leur combat pour se libérer de leur condition. Celle de femme pour Fatima et celle de cadet pour Ayoub, mais aussi celle de pauvres à la merci des plus aisés. Un récit tout en contrastes comme ses personnages profonds et touchants, tantôt sombres tantôt lumineux. Un roman biographique et historique qui nous conte avec tendresse des destins exceptionnels et tragiques.

  • Un sourd mal-être ronge les jours de Carlo. Lassitude et désenchantement ont pris possession de l'âme de cet instituteur qui se replie sur lui-même quand il n'est pas gagné par de brusques montées de rage. Même son mariage avec Jeanne lui apparaît maintenant dans sa fade réalité: juste un simulacre dont il est à présent prisonnier. Seuls moments où il peut être lui-même: ceux passés avec Karl, étrange ascète qui a investi le vieux bunker caché dans les dunes. Et soudain, comme un rai de lumière qui viendrait percer la grisaille quotidienne: Juliette. Inattendue, inespérée, salvatrice. Elle semble l'attendre à la plage. à un sujet qui aurait pu la maintenir dans les voies étroites du roman purement sentimental, M. Lebeau impose, tout au long du récit, des notes métaphysiques et psychologiques qui aboutissent à bien plus qu'une oeuvre sur la passion adultère. En effet, il est encore question du cheminement d'un homme vers une forme de spiritualité empreinte de symboles. Dans la solitude du grenier où il s'est réfugié, il affrontera ses doutes, ses peurs, ses lâchetés. Bibliothécaire à ses heures, il comprendra que, malgré tous les livres publiés, l'Homme ne sait encore «ni lire, ni écrire» les mystères de l'Univers. Ce roman est aussi la chronique d'un village, avec son bistro, ses boutiques, son école, son cimetière au pied des dunes...

  • « Se sentir coupable ou impuissant face à une tragédie est pire que le deuil. Dans ces moments-là, on est face à soi-même, face à ses ressources. Sommes-nous tous égaux dans ce domaine ? Le vécu, l'enfance, l'expérience ne nous ont pas tous armés de la même façon. J'avais affronté ma ''montagne'', j'en étais arrivée au bout. Mais je n'y étais pas arrivée seule. » Alice Brooke prend rendez-vous avec un spécialiste de la thérapie cognitive pour remédier au mal de vivre qui la ronge. Depuis plusieurs années, cette jeune professeure de yoga ne parvient pas à surmonter le deuil de son mari. Grâce aux soins attentifs prodigués par le docteur Payne, auquel elle «?se livre corps et âme?», elle franchit progressivement les étapes de l'acceptation de la perte de son amour passé pour retrouver goût à la vie en toute sérénité. Cette expérience aux lisières de la conscience bouleversera aussi bien la patiente que le médecin...

  • « Devant le second pylône, Simon s'épanouit car, sur le socle d'un colosse qui semble en garder l'entrée, son oeil exercé retrouve les hiéroglyphes déjà aperçus sur les sphinx de l'allée et à Louxor. Revenant sur ses pas en direction du sud, il montre à Jean l'allée de sphinx à tête de bélier conduisant au temple de Louxor. Ces bêtes sont représentées assises, sur un socle sans inscription, les deux pattes de devant repliées ; la sculpture est d'un grand réalisme et d'une grande majesté : les pattes sont munies de leurs sabots et la laine de leur corps est curieusement semblable à des écailles. Mais ce qui surprend, c'est qu'elles ont toutes été décapitées et que leurs belles têtes aux cornes puissantes, d'un arrondi parfait, exprimant une paix et une majesté tout humaines, gisent à quelques mètres d'eux, comme si un ennemi, d'un geste sanguinaire, avait voulu se venger de leur puissance. » Simon part en 1798 en Égypte avec l'expédition de Bonaparte. Rescapé de la bataille navale d'Aboukir, des émeutes du Caire, de la guérilla en haute Égypte, il succombera... aux attraits d'une civilisation dont la clef lui échappe. C'est à corps et âme qu'il se lancera à la recherche du tombeau d'Aménophis III, quitte à y laisser la vie... S'inspirant d'Édouard Devilliers du Terrage, Jean-Baptiste-Prosper Jollois et Édouard René, le trio que réinvente Nicole Barbecot-Thevenet autour de Simon, Antoine et Jean nous embarque avec une passion sans commune mesure au pays des pharaons. Mêlant adroitement fiction et réalité historique, l'auteur signe un roman d'aventures au parfum aussi authentique que mystérieux.

  • « Ayant pris conscience que la maladie comme la vieillesse sont des écoles de la patience et de la sagesse... Paradoxalement, la douleur qui est devenue son ennemie (la toute première dans sa vie), il s'en est fait une alliée, une conseillère... ''Sois prudent Janga ! lui souffle-t-elle, tu sais combien la camarde souhaite ton péril ! Ralentis et observe mieux ton environnement, il t'est interdit de chuter !'' » Le deuxième tome des chroniques autobiographiques de Jean-Garib déborde d'un appétit de vivre contagieux. Il surmonte les désagréments causés par son handicap en écrivant ses mémoires, porté par une ardente énergie créatrice. Après un détour par le Maroc, l'instituteur revient enseigner dans le petit village de son enfance, dans l'Hérault. Né dans une famille de viticulteurs, il reconstitue l'atmosphère chaleureuse qui y règne durant sa prime jeunesse, le quotidien basé sur l'entraide et la proximité avec la nature. Cet amateur de néologismes s'approprie la langue française, jamais à court d'idées pour la modeler à son goût. Son témoignage plein d'humour au volontarisme salvateur offre un message d'espoir pour tous.

  • Amata a neuf ans, mais si son enfance est terminée, elle n'aura le droit de devenir femme qu'après avoir consacré trente années au culte de la déesse Vesta. Choisie et donc honorée, la jeune Romaine devra apprendre la vie dans cette prison dorée. En s'éprenant d'un licteur, Amata la bien nommée saura-t-elle échapper au sort tragique réservé à tant d'autres avant elle ? S'éloignant de la science-fiction de son oeuvre précédente, Souad El Mesbahi poursuit pourtant certaines thématiques d'Imago. S'attaquant de nouveau au déterminisme et au destin des élus, son dernier opus nous plonge dans l'Antiquité et convoque les spectres de figures connues, telle la vestale Sextilia enterrée vive pour adultère... Bâti autour d'une histoire d'amour a priori impossible, ce récit choral explore ainsi la condition de la femme et dénonce les rouages d'un système patriarcal dont l'on reconnaît sans mal l'héritage aujourd'hui encore.

  • « L'Algérie est un pays pris depuis longtemps dans le roulis constant d'un navire en pleine mer. Ceux qui s'y trouvent vivent constamment la tête penchée par-dessus bord, vomissant leur bile, et ceux qui y débarquent gardent à jamais une démarche chaloupée, ne sachant plus sur quel pied se poser. À ses yeux, c'est peut-être cela la juste définition du pied noir. » Ginette, pied-noir d'Algérie, a été contrainte à l'exil au lendemain de l'indépendance, laissant derrière elle, au-delà d'un pays, sa meilleure amie Khdîdja. Les deux femmes avaient gardé l'espoir de se revoir. Malheureusement, la maladie et la rancoeur des hommes eurent raison d'elles... Ginette donna naissance à Rosa, d'un premier mariage avec Raymond, décédé lors de la guerre de libération. L'adolescente éprouvera de grandes difficultés existentielles en lien avec ses origines, la mort de son père et leur départ. Puis naquit Saïd d'une seconde union avec Madjid. Leur enfant trouvera son équilibre dans des missions humanitaires, aux confins de l'Afrique. Quant à Khdîdja, veuve depuis la guerre de libération et mère de deux enfants, Amel et Sid, elle maudira le sort que leur a réservé une indépendance bâillonnée, et un avenir incertain qui poussera, hélas, son fils Sid à se ruer dans les bras sanguinolents de l'islamisme. Un roman riche d'Histoire et d'émotions, avec des personnages aux tourments émouvants qui, malgré d'âpres combats, maintiennent l'espoir grâce à l'amour et à l'amitié.

  • Mai 1954. Le déluge de feu viêt-minh se tarit sur la cuvette de Diên Biên Phu. En novembre, les premiers attentats enflamment l'Algérie. Durant sept années, djebels et douars voient couler le sang. Population, fellaghas, troufions de France paient tribut au conflit.
    Pour Réjis, la porte de l'adolescence lentement s'est refermée. La conscription a ouvert le temps du conseil de révision, celui de l'incorporation, des classes. Les contingents vont se succéder, alimentant et renforçant bataillons et régiments.
    Réjis est parti, bravant l'inconnu, la peur vrillée au ventre. Son temps est venu, il est entré en guerre. Chasseur autant que gibier, il a plaqué l'arme à sa hanche, sanglé le poste radio à ses épaules. D'opérations en crapahuts, de ratissages en embuscades, il a mené la traque sous le chant des balles miaulant la mort. Il a vu souffrir, il a vu mourir.
    En quelques pages, il livre sa courte guerre. Jour après jour, note après note, l'histoire se construit. Réjis porte ici témoignage de ce temps, afin que vive dans les souvenirs, la mémoire de ces troufions, soldats oubliés, venus de France.

  • Dans ces Cévennes rattrapées par la révolution, le destin du comte François de Millepertuis et des siens ne tient qu'à un fil. Le seigneur décide de se barricader en son château et se prépare à tenir un siège, si besoin. À travers cette chronique de la Terreur, Jean-Pierre Heim signe sans manichéisme les dernières heures d'une certaine noblesse poussée par la rébellion jusqu'à l'exil. une fresque historique se dévorant comme un roman d'aventures.

  • « Sous ses paupières fermées, Max bascula dans le vide. Il tomba. Lily était sur lui, il sentit la chaleur de ses cuisses posées sur les siennes. Parfois, ils ouvraient les yeux ensemble... "Ils sont encore plus bleus que d'habitude", se dit-il dans un éclair de fausse lucidité. Lily se redressa, ôta son pull noir et libéra ses seins qu'elle venait porter, le droit puis le gauche, à la bouche de Max. Que n'avait-il rêvé de les embrasser ceux-là ! Il les prit tous les deux avec ses deux mains, les caressa, les lécha... Lily se mordilla légèrement la lèvre inférieure, son bassin commença à rouler sur le ventre de Max. - Tu bouges pas ! lui cria-t-elle en se levant pour enlever ses bottines et le collant gris sous lequel elle ne portait rien. » Alors qu'il entretenait, depuis une île ensoleillée où il avait posé ses valises, une communication intime et sensuelle avec une amie parisienne, Michael Petrossian commença à compiler les scènes d'un possible récit. Pour ce premier roman, il nous invite à suivre Lily et Max dans une aventure en partie autobiographique où la fraîcheur des luxueuses soirées normandes est le théâtre de leurs retrouvailles au scénario sensuel et improbable. Basée sur l'attente et le fantasme, une inexorable montée en pression qui illustre fiévreusement les rouages du désir.

  • « Serait-ce plus grave, pour une femme, de se partager entre deux époux légitimes que de partager son mari avec un amant clandestin, caché dans une chambre d'hôtel ou dans une armoire ? Si Alexandra avait un amant, son père irait-il porter plainte à l'encontre de celui-ci ? À l'encontre de sa fille ? D'ailleurs, dans ce vallon pourtant bien-pensant qu'est la vallée de Chevreuse, quelqu'un d'autre a-t-il porté plainte à l'encontre de l'un quelconque de nous trois ? Non, décidément Marcel a perdu la tête. » Alors que le trio composé d'Alexandra, Bernard et Jean profite de sa vie commune à la « Maison Trine », le père d'Alexandra porte plainte contre l'héroïne et ses deux maris... Pour ces ardents défenseurs de l'amour pluriel, c'est le début d'un long exil et d'une nouvelle aventure... Savant mélange d'érotisme, de culture et de réflexion, ce dernier volet de la trilogie irrévérencieuse de Gérard Sénète poursuit son exploration brûlante des tabous de notre société et vient conclure en beauté une oeuvre à la gloire du plaisir partagé.

  • « Elle ne me connaît pas, mais elle a deviné ma présence dès le premier jour... et il me semble que cette présence qui la suit de temps en temps, ces yeux voyeurs qui l'observent, l'épient, ne la gênent pas... Peut-être même qu'au contraire elle s'en amuse, qu'elle les recherche... Complicité naissante ? Peut-être... Voilà donc cette histoire que je vais vous conter, histoire d'une rencontre entre deux êtres qui croisent quelques instants de leur vie, histoire qui débute sans parole, histoire de regards échangés, de gestes pleins de douceur et d'érotisme... » De lieu en lieu, d'invitation en invitation, des Buttes-Chaumont à la Sérénissime, d'un banc à une loge, J. Delhorne déroule l'histoire de regards, de caresses, d'audaces, entre Franck et Léa, auxquels se joint Ludivine... Récit d'un itinéraire érotique et amoureux à deux puis à trois, en trio puis en duo, ce roman, où s'exacerbent les tensions entre le public et l'intime, le visible et le licencieux, voit souffler sur ses pages un vent sulfureux.

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